Maintien dans l'emploi : les facteurs de réussite et dispositifs possibles

Le maintien dans l'emploi réside dans la prévention de la perte d’une activité professionnelle pour des raisons de santé ou de situation de handicap. Il existe de nombreux dispositifs, bien connus des services de prévention et de santé au travail, de la CARSAT et des Cap emploi, qui permettent le maintien en emploi des personnes déclarant un problème de santé au cours de leur parcours professionnel ou de de faciliter la reprise après un arrêt de travail. Fahd Darik, Responsable du service Maintien en emploi nous apporte un éclairage sur les différents dispositifs.

Le maintien dans l’emploi : par où commencer ?

L’enjeu du maintien en emploi est de permettre à des personnes de conserver leur emploi dans des conditions compatibles avec leur état de santé, lorsque celui-ci a des répercussions sur le travail. Cela concerne à la fois les salariés, les agents ou les travailleurs non-salariés (TNS), qu’ils soient en poste ou en arrêt de travail.

« Il ne faut pas hésiter à se mettre en relation avec son manager, le service RH, un référent handicap, une infirmière ou un médecin du travail » explique Fahd Darik.

Cet échange permet de faire part des difficultés rencontrées sur son poste et d’évoquer les besoins d’adaptation ou d’aménagement. C’est aussi l’occasion de faire le point sur les aides, les droits, les dispositifs existants et d’avoir des informations sur les acteurs pouvant accompagner les personnes pour permettre le retour à l'emploi ou le maintien en emploi.

« Pour assurer le maximum d’efficacité, une détection précoce des difficultés à son poste de travail maximise les chances de maintien » souligne Fahd Darik.

Les étapes du parcours de maintien : à qui s’adresser ?

Vous êtes salarié(e) en arrêt, vous rencontrez des difficultés sur votre poste de travail du fait de votre état de santé ? Vous êtes inquiet quant à votre avenir professionnel ?

Etape 1 : L’analyse

Vous pouvez solliciter une visite médicale auprès de votre médecin du travail pour faire le point sur votre situation vis à vis de l'emploi. Si vous êtes en arrêt, votre employeur peut vous proposer un rendez-vous de liaison et vous encourager à demander une visite de pré reprise.

Etape 2 : La décision

Vous ferez le point avec le médecin sur les difficultés rencontrés sur votre poste et les besoins de compensation. A l’issue de cet échange il sera en mesure de formuler des préconisations sur vos aptitudes et/ou restrictions dans l’emploi.

Etape 3 : L’accompagnement

Le médecin du travail peut orienter vers un conseiller Cap emploi qui étudiera avec votre employeur les possibilités de maintien en emploi ou de reconversion. Vous bénéficierez d’un accompagnement individualisé et de proximité par un référent unique.

Etape 4 : La mise en œuvre

Vous serez accompagné(e) dans la mise en œuvre des mesures de compensation ou des solutions identifiées en mobilisant les aides et dispositifs existants comme l’essai essai encadré, l’adaptation de poste ou la formation. Votre conseiller Cap emploi travaillera en étroite collaboration avec les partenaires et prestataires (Assurance Maladie, CARSAT, MSA, MDA, ergonomes, organismes de formation, fournisseurs de matériel…).

Quels sont les dispositifs et aides mobilisables pour le maintien en emploi ?

De nombreux dispositifs peuvent être mobilisables.

1. Les visites médicales

Les visites médicales permettent au médecin du travail de recueillir des informations sur la santé des salariés et de garantir le suivi de l’état de santé du salarié en lien avec son poste de travail.

Il faut alors distinguer :

  • La visite d’embauche (visite initiale d’information et de prévention) effectuée dans les 3 mois après la prise de poste.
  • La visite médicale (visite périodique d’information et de prévention ou visite occasionnelle) à la demande du salarié, de l’employeur, du médecin traitant généraliste ou spécialiste ou du médecin conseil.
  • La visite de pré-reprise obligatoire pour les arrêts de travail de plus de 3 mois.
  • La visite de reprise organisé obligatoirement lors de la reprise dans un délai de 8 jours après une absence pour congé maternité, pour maladie professionnelle ou après une absence de 30 jours à la suite d’un accident de travail, d’une maladie ou d’un accident non-professionnel.
  • La visite de mi-carrière organisée dès les 45 ans du salarié. Cette visite est obligatoire et permet à l'employeur de s'assurer que l'état de santé du salarié est toujours en adequation avec le poste qu'il occupe. Cet examen réalisé par le médecin du travail peut donner lieu à la préconisation de mesures d'aménagement ou d'adaptation du poste ou du temps de travail du salarié.

2. L’essai encadré

L’essai encadré est un dispositif essentiel de la Prévention de la Désinsertion Professionnelle financé par la CPAM. Ce dispositif est mobilisable pendant un arrêt de travail et permet à un salarié de pouvoir tester ses capacités à reprendre son ancien poste ou à en occuper un nouveau, mais aussi de tester un aménagement de poste ou encore de préparer une reconversion professionnelle. L’essai encadré se déroule obligatoirement pendant l’arrêt de travail. Il peut durer jusqu'à 14 jours ouvrables fractionnables si besoin et il est renouvelable 1 fois.

« Les salariés et employeurs ignorent souvent les actions possibles pendant l’arrêt de travail pour préparer le retour à l’emploi d’un salarié en arrêt » précise Fahd Darik.

3. Les études de poste

Les solutions de maintien peuvent aussi être des aménagements de poste, des adaptations ou transformations du poste de travail ou encore des aménagements du temps de travail, des aides individuelles, matérielles, techniques et/ou organisationnelles, des aides humaines ou des formations. Les études ergonomiques permettent de décrire les tâches ainsi que les contraintes au poste de travail et de faire ainsi des propositions sur les moyens/solutions organisationnels, techniques et humaines afin de rendre le poste de travail compatible à l’état de santé de la personne.

Selon les situations, l’étude de poste peut être effectuée par le médecin du travail et ou par un ergonome des services de prévention et santé au travail ou une personne disposant de compétences identiques à la demande du médecin du travail.

4. Les prestations d’appui spécifiques (PAS)

Les Prestations d’Appuis Spécifiques financées par l’Agefiph font appel à des experts spécialisés dans le handicap pour apporter un appui aux entreprises ou aux conseillers à l’emploi référents du parcours de la personne. Les PAS permettent d’établir un diagnostic sur les conséquences du handicap au regard du projet professionnel, de faire un bilan des capacités de la personne et de mettre en place des techniques de compensation en lien avec la situation de handicap.

Les experts en charge des PAS (psychologues du travail, neuro psychologues et ergonomes) interviennent sur prescription du Cap Emploi, France Travail et Mission locale. Les prestations d’appui spécifiques (PAS) :

  • PAS Psychologique
  • PAS Cognitive
  • PAS Mentale
  • PAS Motrice
  • PAS Auditive
  • PAS Visuelle  

    Il existe ainsi de nombreux dispositifs et tout salarié ou agent et tout employeur peut bénéficier d’un accompagnement et d’un appui financier dans le cadre d’une démarche de maintien dans l’emploi.

                                                                                                                                                                                                 DELPHINE MASSÉ / PUBLIÉ LE 22 FÉVRIER 2024
    

article crée le 20/02/2024
dernière modification le 22/02/2024


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